Un monument pour un deuil.
De mon séjour dans l'Ain, il me reste à vous montrer le Monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse, élu monument préféré des Français en 2014 dans l'émission de Stéphane Bern.
Au-delà de la beauté et de la majesté des lieux, c'est l'histoire qui les entoure qui est captivante et principalement celle d'une femme, Marguerite d'Autriche, fille de l'empereur Maximilien 1er de Habsbourg et de Marie de Bourgogne. Louis XI la promet à 11 ans à son fils Charles VIII mais celui-ci la répudie pour épouser Anne de Bretagne. De retour aux Pays-Bas, son père, qui veut lutter contre la France, se rapproche des Rois catholiques et la marie à l'infant Jean d'Aragon et, dans la foulée, son frère à Jeanne de Castille, connue comme Jeanne la Folle, avec laquelle il aura de nombreux enfants, dont le futur Charles-Quint.
A 16 ans, elle débarque émerveillée à la Cour d'Espagne, vit, dit-on, six mois de lune de miel avec son époux mais, celui-ci, de santé fragile, décède alors qu'elle accouche d'une fille mort-née.
De retour à Bruxelles, elle se remarie, en 1501, à Philibert II dit Philibert le Beau, duc de Savoie. Il est beau, fort, elle en tombe folle amoureuse, découvre avec lui les joies de la chasse et les subtilités de la politique. Nantie de la solide éducation qu'on lui a prodiguée enfant, elle se montre vite douée dans ce domaine. Mais Philibert est victime d'un accident de chasse et meurt, la laissant à nouveau veuve à 24 ans. Elle ne se remariera jamais, gèrera ses vastes domaines et jouera un rôle de tempérance important sur l'échiquier politique de l'époque. Il faut rappeler qu'elle est la tante de Charles-Quint, par son frère, et de François 1er, par alliance. Elle participera avec Louise de Savoie à la Paix des Dames en 1529. Sa devise: "Fortune Infortune Fort (ou Fors) Une".
Après le décès de son époux, elle décide de rester à Bourg-en Bresse et y fait édifier ce monastère, reconstruction d'un ancien prieuré, en vue d'y abriter trois tombeaux : le sien et ceux de Philibert et de sa mère Marguerite de Bourbon.
Elle meurt en 1530 de la gangrène, à 50 ans, peu avant l'achèvement sans l'avoir vu terminé.
L'église est de style gothique flamboyant flamand. On peut y admirer les vitraux, la nef voûtée d'ogives sobre en comparaison du jubé, à l'exubérante végétation de pierre.
Le vaste choeur abrite les stalles de chêne richement ouvragées de personnages aux attitudes souvent équivoques et les trois tombeaux en marbre, richement ornés de sculptures d'albâtre.
Trois cloîtres permettaient à la douzaine de moines de déambuler.
Le bâtiment principal abrite un musée et des expositions temporaires.
Je ne fais pas d'habitude de billets aussi longs mais il m'a semblé que cela en valait la peine pour ceux que ça intéresse. Merci de m'avoir suivie jusque là.






















